Chien et huiles essentielles : comment les utiliser sans danger

Les chiens, comme leurs maîtres, peuvent consommer des huiles essentielles pour améliorer leur santé et soigner certains petits désagréments du quotidien. En effet, ils bénéficient d’une espérance de vie bien plus courte que la nôtre et sont souvent embêtés, notamment au niveau des articulations et des reins. Aussi, le manque de brassage génétique pour certains, le contact avec de nombreux germes, les rendent sensibles à un certain nombre d’affections et d’infections et de parasitoses, telles que la maladie de Lyme, cystite, la piroplasmose…. Les huiles essentielles peuvent alors venir remplacer ou complémenter l’action de traitement, pour éviter ou soulager certains effets secondaires.

Si cela n’est pas sans danger, il est tout à fait possible de maîtriser les risques et d’aider votre chien en toute sécurité. À condition bien sûr de toujours bien respecter les règles d’usage et d’utiliser des huiles essentielles de qualité, conservées dans de bonnes conditions.

L’UTILISATION DES HUILES ESSENTIELLES SUR LES CHIENS

L’intérêt des huiles essentielles pour soigner les canidés est de veiller à leur bien-être tout en limitant l’utilisation de produits vétérinaires coûteux et qui peuvent régulièrement avoir de lourds effets secondaires. Bien sûr, l’usage de concentré de plantes est parfois onéreux et ne garantit pas l’absence de risque, elle reste généralement plus douce lorsque les conseils d’usage et les contre-indications sont suivis à la lettre.

Comme pour les humains, ce sont les propriétés antivirales, antibactériennes, anti-inflammatoires, ou encore immunostimulantes qui sont notamment recherchées. Mais plus important, leur pouvoir antiparasitaire, antifongique, insecticide et insectifuge retient particulièrement l’attention, tant nos fidèles compagnons sont régulièrement hôtes de parasites intestinaux, sensibles aux puces, aux tiques et aux moustiques, vecteurs de maladies.

LES DIFFÉRENTS MODES D’ADMINISTRATION POUR LES CHIENS

Donner une huile essentielle à son chien n’est pas toujours une partie de plaisir. En effet, l’odeur puissante peut incommoder notre animal qui a un odorat bien plus développé que le nôtre. Ainsi, on se concentrera sur la prise par voie orale ou cutanée, la diffusion ou l’inhalation ne convenant pas à notre compagnon à quatre pattes.

 
La voie cutanée

La prise d’huile essentielle est possible en application locale chez les chiens qui apprécient toujours un massage. Même si le pelage a tendance à freiner l’absorption, cela reste intéressant en cas de troubles cutanés et articulaires, notamment au niveau des pattes. Par contre, dans ce cas, les huiles essentielles dermocaustiques, allergisantes ou photosensibilisantes ne s’adaptent pas. Si dans certains cas l’application pure est faisable, elle est prohibée sur les différentes muqueuses telles que la zone ano-génitale, les oreilles, la truffe et les lèvres. Certaines des essences peuvent se déposer pures en massage en remontant le sens du poil. Pour cela, le chien ne doit pas avoir la peau sensible ou réactive et l’endroit doit être hors d’atteinte pour sa langue. En effet, si l’animal lèche une zone couverte, il va ingérer l’essence. Pour l’éviter, l’huile essentielle peut être diluée dans des huiles végétales, une crème, un gel, un cataplasme ou encore un shampoing.

 

La voie orale

La voie orale est le mode d’administration à privilégier, car c’est le plus efficace la plupart du temps à condition de respecter quelques règles de bonnes pratiques. Tout d’abord, les canidés n’absorberont pas l’huile essentielle pure, au risque de mettre à mal ses muqueuses buccales et digestives. Il est donc impératif d’utiliser un diluant adapté. Les magasins spécialisés proposent également des produits commerciaux à base d’huiles essentielles prêts à consommer (pipettes, colliers, gélules, comprimés…). Si vous préférez gérer cela vous-même, voici quelques possibilités.

 
Les huiles végétales

Une huile végétale diluera efficacement l’essence et apportera même quelques bénéfices. En effet, en plus de son rôle protecteur vis-à-vis des muqueuses, elle est source de nutriments, tels que les acides gras oméga-3 ou -6. La dilution adaptée se situe entre 5 et 20 %.

L’utilisation d’une huile végétale n’est pas non plus dénuée de risques. On la privilégiera, vierge, issue de la première pression à froid, sans additif ou vecteur d’extraction chimique qui pourraient être inadaptés pour le métabolisme de l’animal. Aussi, elles nécessitent un soin plus ou moins grand pour son stockage afin de conserver ses qualités nutritives. En effet, un corps gras exposé à la chaleur ou aux UV peut rancir, c’est-à-dire voir ses acides gras se dégrader et former de peroxydes dangereux pour la santé. Pour éviter tout risque, stockez-les à l’abri de la lumière, de la chaleur, de l’air et de l’humidité dans un flacon hermétiquement fermé, tout en respectant les durées de conservation données par le fabricant.

 
Le miel

Le miel a l’avantage d’absorber en partie l’odeur parfois puissante des huiles essentielles. Il augmente naturellement l’appétence pour la préparation et confère parallèlement des propriétés antiseptiques et énergisantes. Dans ce cas, la dilution doit se situer entre 7 et 15 % d’essence dans le miel.

 
La nourriture

Le plus simple est encore d’injecter le précieux liquide directement dans la gamelle du chien avec sa nourriture. Pour ce faire, on évitera les aliments secs, ce qui reviendrait à mettre en contact l’animal avec de l’huile essentielle pure ou presque. Préférez l’inclure dans un ingrédient qui viendra l’englober, comme des boulettes de viande, de la pâtée… 1 à 3 gouttes par prise alimentaire sont suffisantes, au risque de dénaturer l’ensemble et encore une fois d’exposer votre compagnon aux dangers inhérents au concentré de plantes.

LES RISQUES ET POTENTIELS DANGERS DES HUILES ESSENTIELLES POUR LES CHIENS

Nous l’avons dit, le recours à l’aromathérapie pour « booster » la santé de son chien n’est pas anodin et demande rigueur tant au moment de la prise que du stockage et de la conservation des produits. Premièrement, respectez scrupuleusement les doses et les voies d’administration (orales et cutanées), mais aussi la personnalité de votre animal. Si celui-ci est dérangé par les odeurs ou allergique, les huiles essentielles ne sont peut-être pas pour lui, ou vont pousser à un certain nombre d’adaptations. Enfin, son âge et son état de santé ont également un impact.

 

Le risque de surdosage

Quand il s’agit d’huiles essentielles, le risque de surdosage est réel. En effet, entre la dose thérapeutique et la dose toxique, il n’y a qu’un pas. La présence possible de cétones et lactones est source de neurotoxicités à doses trop élevées, le foie subit également les phénols contenus dans certaines plantes, notamment lors de cures prolongées à fortes concentrations. Ces risques sont très élevés lorsque la prise est orale, car les muqueuses s’exposent et les composés chimiques atteignent plus rapidement la circulation sanguine et donc les organes.

La voie cutanée présente aussi un risque important de dermocausticité, principalement avec les huiles essentielles riches en phénols, cinnamaldéhydes et certains terpènes. Il convient de réaliser une dilution adaptée afin de ne pas agresser la peau de votre animal de manière absolument contre-productive et dangereuse.

 

Le risque de mésusage

Si respecter la dose est important, suivre le mode d’administration conseillé l’est tout autant. En effet, une huile photosensibilisante ou dermocaustique ne se prête pas forcément au massage, ou alors à une dilution adaptée. Pour cela se référer aux conseils du fabricant ou d’un spécialiste, mais ne vous avisez pas de le faire seul à votre envie. De la même manière, certaines essences ne sont pas compatibles avec la voie orale, car trop dangereuses pour les muqueuses ou certains organes. Respectez cela scrupuleusement, vous feriez courir un risque inutile à votre chien.

 

Le risque d’intolérance et d’interaction

L’animal lui-même est un paramètre à prendre en compte. En effet, chacun ses forces et ses faiblesses. Des canidés asthmatiques ou à terrain allergique sont plus exposés. De la même manière si votre compagnon souffre de pathologies récurrentes, chroniques ou sérieuses, il se peut que certaines huiles essentielles ne lui conviennent pas, ou interagissent avec son traitement et accentuent son état de santé défaillant. Dans ces cas-là, sollicitez l’avis d’un spécialiste et respectez scrupuleusement les contre-indications de vos produits. Enfin, pour limiter le risque d’allergies graves, tester d’abord l’essence sur une petite surface avant une utilisation régulière.

Dans un autre registre, le chien peut tout simplement être très incommodé par les odeurs puissantes que les produits dégagent. Dans ce cas, la cure ne lui est pas adaptée et trouvez une alternative surtout s’il n’a pas été habitué depuis son jeune âge. Un animal agité ne profite pas du traitement et peut avoir des réactions inattendues.

 

L’âge et la condition de l’animal

Certains concentrés de plantes sont plus doux que d’autres, mais cela ne signifie pas que ceux-ci conviennent à votre animal. Ainsi, on veillera à ne pas traiter les trop jeunes chiots et la plupart du temps, les chiennes en gestation et allaitantes. Encore une fois, fiez-vous à un spécialiste dans ces cas de figure.

COMMENT RÉAGIR EN CAS D’INTOXICATION AVEC UNE HUILE ESSENTIELLE ?

Reconnaître les symptômes

Les symptômes sont variables en raison de la diversité des essences et des molécules qu’elles contiennent. Aussi, ils dépendent de la voie et de l’intensité de l’exposition. Les plus fréquents sont :

  • troubles digestifs (perte d’appétit, hypersalivation, vomissements…)
  • manifestations cutanées (irritations, démangeaisons, plaies…)
  • troubles oculaires (larmes, conjonctivites, kératites…)
  • réactions du système nerveux (abattement, tremblements, convulsions…)

Ces signes peuvent apparaître de 1 à 6 h après le contact avec la substance. Les huiles essentielles régulièrement mises en cause sont celles de géranium, de citronnelle ou encore de margousier (neem).

 

Comment réagir ?

Si les symptômes sont cutanés ou digestifs, l’atteinte est plus probablement légère. Par contre, en cas de troubles d’ordre nerveux, l’inquiétude est plus grande. Dans tous les cas, rapprochez-vous le plus rapidement possible de votre vétérinaire habituel qui vous redirigera vers les urgences si nécessaire. Sachez que suivant la gravité de l’atteinte, une hospitalisation pourra être obligatoire. Certaines molécules contenues dans les huiles essentielles restant de manière prolongée dans l’organisme, les symptômes peuvent perdurer plusieurs jours.

Les huiles essentielles ne sont pas sans danger pour les chiens, mais en respectant quelques règles de bonnes pratiques, vous limiterez le risque d’incidents. Pensez également à sécuriser vos produits afin que votre animal ne vienne pas s’intoxiquer de lui-même.